Possible danger pour les générations futures

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Le 29 mars dernier, après une évaluation environnementale, la Commission canadienne de la sûreté nucléaire a donné son aval à un projet proposé par les Laboratoires nucléaires canadiens, ayant pour but d’aménager un monticule de déchets radioactifs à Chalk River, en Ontario. Les responsables affirment que les millions de déchets ne seraient pas enfouis sous terre, mais plutôt déposés sur une colline aménagée à une hauteur de 18 mètres et faisant 16 hectares de superficie. Le site prévu est à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais. Étant un des principaux affluents du fleuve St-Laurent, cette rivière constitue une excellente source d’eau potable pour de nombreux Canadiens.

Ainsi, de nombreux intervenants s’opposent au projet, puisqu’une éventuelle fuite pourrait avoir de graves répercussions sur la qualité de l’eau des environs. David Boiley, un physicien nucléaire français, croit qu’installer un monticule de la sorte aussi près d’une source d’eau est une très mauvaise décision : « Le pire qui puisse arriver à un déchet radioactif, c’est de baigner dans l’eau. »

En effet, selon lui, les éléments radioactifs se dissoudront dans l’eau, seront emportés par le courant et finiront par sortir du site de stockage et se répandre ailleurs. Le physicien s’étonne aussi qu’il n’y aura pas de toit sur le monticule pendant le remplissage du site. Cela permettrait d’empêcher la pluie et la neige d’entrer à l’intérieur de l’installation. Si une telle infiltration avait lieu, les déchets pourraient contaminer les eaux de pluie, les eaux souterraines ou la rivière des Outaouais.

Le groupe de scientifiques responsables du projet a réfuté cet argument en affirmant qu’aucun produit toxique ne serait en contact avec l’eau. Ils ont justement installé le site en hauteur pour éviter qu’une telle chose arrive. Ils ont aussi prévu de construire une fondation, composée de géomembranes et d’argile, de deux mètres d’épaisseur pour éviter toute pénétration souterraine des eaux. Le vice-président de la gestion des déchets aux Laboratoires nucléaires canadiens, Kurt Kehler, a renchéri sur le sujet :   « Nous avons un système de drainage et un système de détecteur de fuites sous la membrane. Toute l’eau qui s’échappe sera récupérée et entièrement traitée avant d’être libérée dans l’environnement. »

En théorie, l’installation restera étanche pendant les 500 prochaines années pour permettre à la majorité des déchets de perdre leur radioactivité. Cependant, les opposants persistent à croire que l’installation n’est pas entièrement sans danger, puisque, à l’intérieur du monticule, il y aura présence d’une certaine quantité d’isotopes de plus longue vie, comme le plutonium 239. Ces isotopes restent radioactifs pendant plusieurs milliers d’années, ce qui représente un problème pour l’écosystème canadien pour le long terme.

Le projet pourrait aménager un million de mètres cubes de déchets d’ici 2070. Une telle ambition pourrait mettre à risque de nombreuses générations. Il est donc important que l’opinion de tous soit prise en considération avant d’empiler des tonnes de déchets toxiques sur le territoire canadien.

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