Tour du chapeau pour Trudeau

Par Lauryanne Barrette

En août dernier, Justin Trudeau, à la tête d’un gouvernement libéral minoritaire depuis 2019, a décidé de provoquer de nouvelles élections malgré qu’il lui restait encore deux ans à son mandat. Résultat : son gouvernement est réélu, 600 millions de dollars plus tard. Mais maintenant quoi ?

D’abord, je ne suis pas ici pour vous informer de mon parti-pris, ni pour vous dire qu’il faut penser comme ceci et agir comme cela. Je suis seulement ici pour mettre en lumière ce à quoi s’attendre de notre gouvernement dans les mois à suivre et peut-être, je le souhaite, vous faire voir que rien n’est tout blanc ni tout noir dans la vie.

Une campagne électorale partagée

Donc, pourquoi ces élections ont-elles été déclenchées? Certains parlent d’un désir de la part du Premier Ministre d’aller chercher une majorité à la Chambre des Communes, d’autres disent qu’il était question de remettre les pendules à l’heure en prévision de prises de décisions majeures à venir. Des décisions concernant quoi ? Rien n’est précisé. Au final, celui-ci remporte 159 sièges à la Chambre des communes du Canada, soit 40 de plus que son parti d’opposition officiel, le Parti Conservateur du Canada. Cependant, cela ne sera pas suffisant pour atteindre la majorité que le premier ministre convoitait certainement. On en vient donc à se questionner à savoir s’il valait vraiment la peine que ces élections coûtent plusieurs millions de dollars aux électeurs, et au gouvernement, quelques députés.

De belles paroles 

En poursuivant, regardons un peu le grand portrait de ses promesses électorales. Tout d’abord, Trudeau prévoit investir un peu plus de 20 milliards de dollars en santé, principalement au niveau des services offerts en santé mentale et dans l’amélioration des services offerts aux communautés autochtones (enfin!). Jusque là, tout va bien. Là où ça se gâche un peu, c’est quand on nous parle de relance économique, et que dans le même paragraphe, on mentionne ramener le taux d’emploi au niveau de « l’avant » pandémie tout en  prolongeant le Programme d’embauche pour la relance économique du Canada (PEREC). Désolée, mais pour moi, ça ne fonctionne pas. Continuer de donner aveuglément de l’argent à ceux qui peuvent aller travailler mais qui ne veulent pas ( je ne parle pas ici de ceux qui ont des conditions particulières), et en même temps, espérer que le taux d’emploi revienne au même. Là j’avoue être un peu sceptique monsieur le Premier ministre, car ce n’est pas l’offre d’emploi qui manque sur le marché en ce moment, oh non, bien au contraire! 

Malheureusement le même scénario se répète au niveau de ses promesses concernant l’environnement. En effet, le gouvernement libéral dit vouloir réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 et viser la réduction des émissions du secteur pétrolier et gazier. Allô ? Est-ce qu’il y a seulement moi qui n’a pas oublié qu’Ottawa vient de dépenser des milliards dans un pipeline faisant partie d’ un plan d’agrandissement qui touche gravement les communautés autochtones et qui n’a jamais été officiellement approuvé par celles-ci?  Bien sûr, il affirme que les profits réalisés avec ce projet seront réinvestis dans une économie à faibles émissions de carbone, mais laissez-moi en douter un instant.

Une faille dans ses promesses

Pour aller plus loin, si nous nous fions à l’étude effectuée par le Polimètre de l’Université Laval, lors de son dernier mandat, le gouvernement Trudeau n’a respecté que 52% de ses promesses électorales alors que durant son tout premier mandat, il a respecté 93% de celles-ci. Alors, à quel point pouvons-nous nous fier à ce qu’il promet ? Évidemment, le respect de ses promesses a pu être affecté par des éléments extérieurs, mais bien honnêtement, je ne crois pas que nous devons nous attendre à beaucoup de sa part dans les prochaines années, surtout quand on prend en compte tous les facteurs comme sa minorité, ses promesses, et bien sûr, le plus important, la pandémie actuelle !

Un avenir incertain

Finalement, pouvons-nous nous attendre à un quatrième mandat pour ce cher Trudeau lorsque celui-ci aura atteint sa date d’expiration ? Le Premier Ministre lance « que [il n’a] même pas presque fini toutes les grandes choses que [il] a l’intention de continuer à accomplir avec les Canadiens ». Cependant, la possibilité qu’on lui fasse ressentir un peu de pression au niveau de l’interne en vue de son départ n’est pas mise de côté.

Bon, j’ai l’impression d’avoir tourné autour du pot et de ne pas avoir dit grand-chose de concret, et je m’en excuse si vous êtes seulement encore plus confus  mais après tout, n’est-ce pas le point de la politique ? 

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