La nature et la destruction peuvent ne faire qu’un

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L’Espace Libre a présenté du 28 mars au 7 avril
La cartomancie du territoire, une création théâtre et vidéographique signée Philippe Ducros qui présente la triste réalité méconnue des communautés autochtones des Premières Nations du Québec. Une pièce composée de multiples témoignages percutants, de statistiques effrayantes sur leur réalité et de réflexions importantes qui méritent notre attention.

La courte pièce comporte plusieurs courts tableaux présentant divers aspects de la réalité souvent atroce que vivent les communautés autochtones, par le biais d’images ou de discours du réalisateur et de deux Autochtones qui livrent avec émotions leurs diverses expériences sur les réserves. Le texte de la pièce est riche, travaillé et démontre avec sincérité et intégrité des problématiques importantes trop souvent ignorées. Ducros présente une culture qui n’est pas la sienne avec un respect indéniable : un réel désir de faire changer les choses dans les réserves se fait sentir sans mal. Le côté théâtral de la pièce laisse souvent place à une certaine forme relevant plutôt du documentaire, ce qui contribue à l’aspect « choc » de la pièce. Les statistiques sont pertinentes et révélatrices (25% des détenus carcéraux au Canada sont des Autochtones alors qu’ils ne représentent que 5% de la population canadienne, un très faible pourcentage des réserves québécoises ont accès à de l’eau potable, etc.), et les images d’Éli Laliberté et de Thomas Payette qui défilent à l’arrière-plan sont magnifiques et s’agencent aisément aux différents tableaux.

La cartomancie du territoire est une pièce lourde, présentant presque uniquement les aspects négatifs des réserves autochtones du Québec, sans jamais suggérer une réelle piste de solution concrète. Peut-être aurait-il fallu moins se concentrer sur les côtés tragiques et montrer ne serait-ce que la moindre piste remédiant aux problèmes vivant les communautés autochtones. La pièce aurait peut-être aussi eu intérêt à prendre un ton moins accusateur envers les méchants blancs qui sont responsables de tous les malheurs du monde ; par moment, on aurait souhaité que Ducros explique leurs malheurs autrement qu’en blâmant les blancs d’absolument tout et de rien.

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