Les flots du destin

Par Ouleye Diop

Lorsqu’on m’a annoncé que le sujet de la première édition du journal était l’automne, ma tête n’a fait qu’un tour. Je m’explique : je déteste l’automne. Du moins, ce n’est définitivement pas ma saison favorite. Le froid qui s’installe peu à peu, les arbres qui perdent de leur vivacité à travers leur feuillage qui plombe les rues de la ville et la douce brise le matin qui me chuchote à l’oreille que d’ici quelques semaines, l’hiver aura établi sa dominance en étendant son drap blanc. Bref, cela ne me disait rien qui vaille. Toutefois, il me fallait faire preuve de bonne foi et pour être totalement honnête, il y a bien une chose qui m’a toujours fasciné à propos de cette saison. J’ai toujours eu l’impression que l’automne nous permettait de remettre les compteurs à zéro. Ça a toujours été l’occasion idéale d’embrasser la vie nouvelle ainsi que les promesses prochaines qui s’offraient à nous. Les nouvelles fournitures, un nouvel horaire… En somme, c’était le moment parfait pour renaître et semer son futur. En suivant cette symbolique, voici donc un poème assez sérieux qui d’une part fait totalement place à l’interprétation et de l’autre, qui me tient à cœur dans ma volonté de m’épanouir tout en questionnant la société dans laquelle nous vivons actuellement.

Les flots du destin

J’ai souvent entendu parler des jeunes gens de ce monde,

De ceux qui savent sans savoir tout en rêvant sans connaître.

En s’arrangeant pour atteindre un idéal commun, certains s’unissent pour l’abnégation.

D’autres, sous les yeux du monde, périssent dans l’abîme de l’oubli.

J’ai souvent entendu parler des jeunes gens de ce monde,

De ceux qu’on acclame pour leur courage,

De ceux qu’on renie pour leurs débâcles.

« Des esprits fougueux », me disait-on, « qu’on ne peut dissuader », ajoutaient-ils.

« Des esprits malins », me répétait-on, « qu’on ne peut tromper », affirmaient-ils.

Qui sommes-nous ? Que devenons-nous ?

En perpétuelle évolution, nous muons.

Quand les mots ne suffisent plus, la vie n’a guère de sens.

Quand les mots n’ont plus de poids, le monde n’agit plus.

Ma société n’aurait-elle pas changé ?

Celle qui opprimait mes frères et sœurs de sang,

A-t-elle négligé son devoir de haut rang ?

Aurait-elle gardé ses mœurs d’antan ?

Mes questionnements sont plus que légitimes

Et ma vie, elle, plus qu’inutile.

L’humanité a-t-elle franchi ses limites ?

Sous les beaux jours, le temps file.

Sous les beaux jours, le monde régresse.

Qu’avons-nous donc accompli sans cesse ?

Meurtres, massacres, génocides et viols !

Où sont donc passées les valeurs de nos contemporains ? 

Celles qui devraient régir en ce monde ?

Lorsque je me lève pour crier au scandale,

La réalité me frappe comme le fouet auquel avaient droit mes ancêtres.

Je me remémore les Temps Anciens.

Je rêve du jour où elle comprendra.

J’ai souvent entendu parler des jeunes gens de ce monde,

Ceux qui animeront ici-bas pour y modeler leurs plus purs idéaux,

Ceux qui sauront combattre les plus Grands.

Enfin, mes questionnements? Complets.

Ma réussite? Compromise.

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