Le devoir d’agir

Par Amélie Beaulé 

C’est à l’âge de 10 ans, pendant un cours, qu’il y a eu un déclic. Le professeur nous faisait analyser une œuvre. Il avait choisi de démystifier la chanson « Plus rien » des Cowboys Fringants. Dans cette musique illustrant nos pires appréhensions, il y a une partie qui dit :

« Et au bout de cent ans des gens se sont levés,

Et les ont avertis qu’il fallait tout stopper »

À ce moment-là, nous nous sommes arrêtés et l’enseignant nous a dit : « Les gens qui se lèvent, c’est vous. »

Depuis, je sais à quel point les changements climatiques sont une menace pour l’humanité. Loin de nos yeux, loin de notre cœur, il y a déjà des pays qui subissent les répercussions de cette crise. À chaque année, les feux de forêts prennent de plus en plus d’ampleur, à chaque année, nous battons des records de température, à chaque année, les catastrophes naturelles deviennent pires, à chaque année…

Une pensée me hante depuis que j’ai 10 ans. Pourquoi disons-nous que c’est notre génération qui devra changer les choses pour freiner les changements climatiques? Pourquoi nous met-on un tel poids sur nos épaules? Les changements climatiques sont un problème urgent qui doit être réglé en quelques décennies. Ce sont les actions prises aujourd’hui qui détermineront le monde de demain. Or, les personnes qui, à mes yeux, devraient s’occuper de lutter contre la crise climatique font surtout des actions symboliques, telles des allumettes qui allument une lueur trop faible d’espoir. C’est anormal de laisser ce dossier traîner et de nous le passer. Si nous ne faisons rien actuellement, quand viendra notre tour d’être la masse électorale importante et d’occuper, peut-être, une place dans un parti politique, il sera trop tard pour freiner la hausse de la température moyenne sur Terre. Nous devrons passer en mode « adaptation » et espérer que les humains à travers le monde sauront coopérer. Bref, c’est maintenant qu’il faut agir et il faut donc mettre les mesures nécessaires pour changer de cap.

Du 31 octobre au 12 novembre, a eu lieu la COP26. Une COP, c’est une conférence des parties. Ça veut dire que des dirigeants, des délégués, des lobbys, des organismes et des membres de la société civile de près de 200 pays se sont rencontrés à Glasgow dans le but de trouver une entente pour empêcher une hausse de la température allant au-delà de 1,5 degré.

Pour comprendre la COP26, il faut d’abord parler de l’Accord de Paris de 2015. Dans celui-ci, plusieurs pays se sont engagés à mettre en place les moyens nécessaires pour que la température n’augmente pas de plus de 1,5°C

Cet accord reconnaît que ce ne sont pas tous les pays qui ont les moyens (financiers, ressources, etc.) pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et pour s’adapter aux conséquences de la crise climatique. De ce fait, il est indiqué que les pays développés doivent fournir des technologies et des ressources aux pays en développement pour les aider à réduire leurs GES et à s’adapter. De plus, depuis 2010, selon les accords de Cancun, les pays développés doivent, d’ici 2020, fournir 100 milliards de dollars par an aux pays en développement. Cet engagement a été mentionné dans l’Accord de Paris. 

De plus, afin de rendre leurs engagements concrets, les pays ayant ratifié l’Accord de Paris doivent faire une contribution déterminée au niveau national. Il s’agit d’un plan sur cinq ans, fait par le pays lui-même, afin d’établir comment il va concrètement réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Normalement, la COP26 aurait dû se dérouler en 2020. Or, avec la COVID-19, elle a été reportée à cette année, soit du 31 octobre 2021 au 12 novembre 2021.

Cinq (six) ans après l’Accord de Paris, les pays doivent faire de façon transparente le compte-rendu de leurs engagements et où ils sont rendus dans leur réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D’abord, il y a eu des discussions sur l’engagement des pays développés à fournir 100 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2020 pour soutenir les pays en développement. Cependant, il faut noter que les États concernés n’ont pas réussi à respecter cet engagement.

Ensuite, les pays doivent faire le compte-rendu de leurs émissions de gaz à effet de serre et de son évolution. Le Canada, depuis l’Accord de Paris, a connu une augmentation de ses GES, et ce, à chaque année. C’est le seul pays du G7, qui regroupe les États-Unis, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne, à avoir connu une hausse. Les États doivent de plus renouveler leur contribution déterminée au niveau national, vu que celle-ci arrivait à échéance en 2020.

Le Canada n’est pas un champion en matière de lutte contre les changements climatiques. Ses émissions de gaz à effet de serre augmentent, il continue d’exploiter son énergie fossile alors que ça ne fait que mettre de l’huile sur le feu. Or, les pays ne sont pas affectés de la même manière par les changements climatiques. Tandis qu’au Québec nous craignons pour notre futur en ce qui concerne les conséquences de tels bouleversements, dans des pays plus au Sud, des populations vivent déjà de plein fouet les répercussions de la crise climatique. Les effets sont non seulement disproportionnels, mais, de surcroît, ce sont souvent les pays les plus pollueurs qui sont le moins affectés par les changements climatiques. Ensuite, de lire que les pays développés n’ont pas respectés le financement de 100 milliards de dollars qu’ils étaient censés faire pour les pays en développement, de voir que la courbe des GES du Canada se dirigent vers le haut à la place d’aller vers le bas, d’entendre des belles paroles promettant un monde meilleur, plus juste et vert, je trouve cela profondément hypocrite. Comment pouvons-nous tolérer cela? Comment sommes-nous parvenus dans un monde où la compétition règne, et ce, même si cela fracture le monde entre ses soi-disant « gagnants » et « perdants »?

Un tel monde n’est pas viable.

Nous avons le choix : continuer et alimenter ce paradigme destructeur de compétition jusqu’à heurter une crise ou bien agir aussi radicalement que ce que la science nous dit de faire pour ne pas détruire notre habitat plus qu’il l’est actuellement.

La réponse me semble claire. Mais, nos décideurs hésitent encore entre l’argent et le pouvoir et notre vie.

D’autres sujets importants ont été discutés à la COP26 comme:

  • Le marché du carbone
  • Clarifier le cadre de transparence de l’Accord de Paris. Ce cadre permet, en bref, de voir si les pays respectent leurs promesses, comme celles de réduire leurs GES ou de fournir de l’argent et des ressources. Il faut donc perfectionner ce cadre afin de vraiment voir comment les choses évoluent dans les États.
  • S’accorder sur un calendrier commun des objectifs climatiques.

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